N'en déplaise à Madame Brigitte Bardot – qui en a bien vu défiler à ses pieds des moutons de Panurge – mais le mouton, le vrai, est chargé d’un symbole fort pour les Musumans.
Et, normalement, pas pour eux seuls, puisque Abraham, le père des hébreux et des Arabes, devait sacrifier Ismaïl et celui-ci l’invoquait de le faire jusqu’à ce que le ciel envoyât ce mouton dont Abraham fît finalement sacrifice à son Dieu, à la place du fils.
Celle qui posait nue devant les caméras, a réussi à se refaire une virginité sur fond d’adoration « animalière ». Un peu à mi-chemin entre les Païens et ceux qui vénéraient les vaches, les crocodiles, les dragons, le feu, le soleil : bref une remontée dans le temps avant les religions révélées.
Que le sacrifice du mouton continue de choquer en Europe et là où existe une forte concentration de Musulmans, cela ne servira toujours que comme prétexte (au même titre que le voile) à cette « islamolophobe » rampante. En cette période de pèlerinage, les Musulmans ne s’en soucient pas vraiment… Mais c’est plutôt la symbolique forte du rite, particulièrement cette « veillée d’armes » du haut du Mont Arafat qui doit être épargnée des controverses des Oulemas et des prédicateurs. L’imagerie populaire est galopante. Sa propension à douter, trop forte et instinctive.
Quand la nation musulmane doute- comme après la mort du Prophète – les déviations et les dérives constituent une menace potentielle pour son harmonie.
Mais cette journée de décalage du jour de l’Aïd ne pourra servir de prétexte qu’aux obscurantistes. L’Islam le vrai est, lui, fait de souplesse. Même si les rites sont décalés dans le temps.
Raouf KHALSI - Le Temps |