La production s'est améliorée depuis. On a enregistré, au mois d'août,
6.000 tonnes. Pour le mois de septembre, on compte produire 6.200
tonnes afin d'atteindre, pour le mois de Ramadan, 7.650 tonnes. La
production normale sera, ainsi retrouvée
Le secteur des volailles a souffert, il y a quelques mois, de difficultés suite aux rumeurs relatives à la grippe aviaire. Une véritable crise a été fortement ressentie par le secteur avicole, quoique la Tunisie n'ait enregistré aucun cas de grippe aviaire, ni dans les unités industrielles et domestiques ni au niveau de la population des oiseaux migrateurs. Les producteurs et les commerçants, on s'en souvient, avaient eu d'importants problèmes d'écoulement de leurs stocks. Beaucoup d'éleveurs ont été ainsi amenés à réduire les quantités d'oeufs destinées aux couveuses.
Actuellement, le secteur a repris son rythme de production et de commercialisation. On consomme le poulet et l'escalope. De même, et afin d'améliorer la situation financière des producteurs, il y a eu des mesures de rééchelonnement des dettes, avec une intervention de l'Etat de 14 MD et des crédits de 9 MD accordés aux éleveurs.
On note qu'il existe au total 5.000 éleveurs, dont certains sont occasionnels. Le nombre des volaillers n'est pas déterminé, puisqu'il y a ceux qui pratiquent d'une manière anarchique. Pour ce qui est des abattoirs, on en compte au total 18. Mais 7 investisseurs ont reçu récemment l'autorisation d'ouvrir un abattoir.
Une visite, mercredi dernier, au marché municipal de l'Ariana, a cependant laissé apparaître un manque en escalopes. «Depuis deux semaines, les quantités disponibles en escalope accusent un manque. On nous dit qu'il y aura une importation afin de réguler le marché», souligne un commerçant.
Rencontrée dans son bureau au Groupement Interprofessionnel des Produits Avicoles, le Dr Habiba El Ghoul, directrice générale, précise : «On a enregistré un manque au niveau de la production en juillet et à la fin d'août en escalope. Ceci s'explique par le fait que la production des dindes prend du temps. Il faut 28 jours pour l'incubation et 3 mois d'engraissement. De même, l'importation de ce produit de France s'est arrêtée du fait qu'on a enregistré dans ce pays des cas de grippe aviaire. De même, on a pensé à une importation du Canada, mais les frais de transport reviennent cher». La responsable ajoute : «On a commercialisé, à partir des stocks constitués (autour de 810 tonnes), 700 tonnes au mois d'août pour alimenter le marché local et 109 tonnes pour subvenir aux besoins des hôtels et des collectivités... Cela dit, le ministère du Commerce va importer des quantités d'escalope en prévision du mois de Ramadan».
Pour ce qui est de la consommation des poulets, la directrice générale du Gipa indique : «La chute de la production et de la consommation a été la plus forte au mois d'avril dernier. On a retiré 16 millions d'oeufs à couver, qui auraient donné normalement 15 mille tonnes de poulets. Ce qui équivaut à trois mois de consommation. On a essayé de produire juste les quantités demandées, alors que la production normale est de l'ordre de 6.500 à 7 mille tonnes par mois. Or, au mois d'avril, quand la rumeur a pris une grande ampleur, on a produit seulement 2 mille tonnes».
La production s'est améliorée depuis. On a enregistré, au mois d'août, 6.000 tonnes. Pour le mois de septembre, on compte produire 6.200 tonnes afin d'atteindre, pour le mois de Ramadan, 7.650 tonnes. La production normale sera, ainsi retrouvée.
En ce qui concerne la consommation durant le mois saint, le Dr El Ghoul indique : «Durant ce mois, on n'enregistre pas une grande consommation en la matière, puisque les Tunisiens préfèrent, en cette période, les viandes rouges et le poisson. De même, un grand nombre de restaurants et de fast-foods ferment leurs portes. On enregistre, en revanche, une diminution de la consommation de la viande blanche».
Pour ce qui est des oeufs, il y a un surplus, puisqu'on a un stock de 82 millions d'oeufs et qu'on en produit 113 millions pour le mois de Ramadan, alors que la consommation varie entre 165 et 170 millions d'oeufs.
Les aviculteurs et les propriétaires d'abattoirs de volailles ont été appelés, à compter du 30 juin 2006, dernier délai fixé par les autorités concernées, à se conformer au cahier des charges relatif à l'abattage de poulet. Ce cahier des charges, rendu public au mois de janvier dernier, interdit la vente des poulets vivants et fixe les conditions de leur abattage.
«Actuellement, plus de 45 % des poulets vendus sur les marchés sont abattus dans les abattoirs. On tente d'améliorer ce taux et de lutter contre le phénomène de l'abattage anarchique, ajoute la responsable.
Ainsi, le cahier des charges pose des restrictions sur la vente de la volaille vive, réglemente davantage l'activité d'élevage et le transport des produits avicoles et interdit l'abattage de la volaille en dehors des abattoirs agréés. L'ensemble de ces mesures favorise une concentration au sein du secteur, consolidant ainsi le rôle des opérateurs les plus structurés.
La Presse - Samira Hamrouni |