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Accueil Actualités de Ramadan Petits métiers de Ramadan : La « baraka » a le dernier mot
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Petits métiers de Ramadan : La « baraka » a le dernier mot |
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Pour gagner de l’argent, beaucoup de Tunisiens ne sont pas à court
d’idées. Du moins pendant le mois de Ramadan qui enregistre chaque
année la ruée de plusieurs jeunes et moins jeunes vers les petits
métiers. Ces derniers font désormais partie de l’ambiance propre au
mois saint.
A la veille de Ramadan, il y a ceux qui multiplient les préparatifs pour le rendez-vous quotidien de l’Iftar. Mais il y a d’autres qui se préparent pour mettre les bouchées doubles et travailler durant le mois saint. Ce sont les adeptes des petits métiers qui font florès à chaque Ramadan. Chacun vend ce qu’il peut à qui mieux mieux ! Une multitude de produits et de denrées qui fidélisent plusieurs de nos concitoyens, sont proposés par des jeunes et moins jeunes notamment aux alentours des marchés.
Du côté du marché central, Salah Bouzid reste un habitué des lieux. A 30 ans, il essaie pour la 3ème année consécutive de joindre l’utile à l’agréable. Il vend des boîtes de thon à l’huile végétale, du pain et des feuilles de malsouka. Pour assurer son commerce, il a improvisé un étal couvert d’une nappe en plastique. Il y a installé les boîtes en gardant ses tabounas, melaouis et malsoukas dans des sacs en tissu qui sont en réalité des taies d’oreiller. Le matin, Salah met le cap sur le thon et les feuilles de brick. Le plus souvent, sa clientèle est principalement féminine. L’après-midi, il cible la gent masculine. En effet, l’attente de la rupture du jeûne est souvent écourtée par des ballades du côté des marchés. D’autres clients sont également ceux qui rentrent du travail. Sur leur chemin, ils résistent tant bien que mal à leurs envies. Pour réussir la tentation, Salah a carrément opté pour un planning de travail. Le thon et la malsouka sont destinés aussi bien à la clientèle de la matinée que celle de l’après-midi. Cependant, il réserve le pain aux clients de l’après-midi. « C’est en rentrant du travail que les gens sont plus tentés par le pain. D’ailleurs, je me fais livrer l’après-midi. Ma mère entame la préparation des melaouis en fin de matinée. Quant à la tabouna, c’est une voisine qui s’en occupe. Et c’est son fils qui assure la livraison. Ce qui lui fait aussi de l’argent de poche parce qu’il en vend sur son chemin », explique Salah qui n’a pas préféré donner des détails sur l’origine de ce thon. Son voisin qui vendait de la menthe séchée intervient « on se plie en quatre pour ce petit gagne-pain. Et c’est tant mieux ! », précise--il.
« Nouasser »
Du côté de Sidi Boumendil, Am Habib a installé son équipement modeste qui lui permet de travailler tranquillement. Il s’agit d’un petit tabouret en plastique et d’un mini-étal sur lequel il exposait ses produits. Comme pour chaque Ramadan, sa chère épouse a commencé de préparer les « nouasser » et « h’lalem » depuis l’été. Son objectif ést d’assurer une importante réserve à son mari. En plus de ces pâtes tunisiennes très sollicitées pendant le jeûne, Am Habib vend également des pois-chiche et des haricots trempés. « C’est mon pur plaisir. Cette année, le travail risque d’être plus fatigant à cause de la chaleur mais j’essaierai de me reposer à mon retour chez moi. Je ne pourrai jamais rester à la maison pendant le mois sacré. Je préfère redoubler d’efforts parce qu’il y a de la baraka », souligne Am Habib qui lève le voile en début d’après-midi pour éviter les pics de chaleur.
Par ailleurs, d’autres adeptes des petits métiers de Ramadan ont inventé de nouveaux moyens pour fructifier leurs idées. Salha travaille quotidiennement dans une entreprise. Elle est femme de ménage et mère de trois enfants dont deux à l’école et une en bas âge. Avec son mari qui n’a pas d’emploi stable, la situation financière est plutôt difficile. Certes, elle arrive à s’en sortir d’habitude moyennant des heures supplémentaires de ménage chez des privés. Mais pour ce Ramadan, elle a choisi de se lancer dans une nouvelle affaire. Elle prépare de la salade méchouia pour ses clientes. Cette idée ne lui est pas venue par hasard. Elle a été sollicitée par l’épouse de son patron qui lui a confié la préparation d’une réserve de salade méchouia pour le mois saint. Comme elle a été bien payée contre ce service, Salha a décidé d’élargir sa clientèle. Sur son portable, elle reçoit des commandes de la part de ses clientes habituelles qui, à leur tour, la recommandent à leur entourage. De bouche à oreille, elle a constitué un bon réseau qui lui permet de travailler à l’aise. « Je préfère acheter moi-même les ingrédients nécessaires à la salade. Je m’approvisionne au marché de Hammam-Lif où les prix sont abordables. Surtout que les marchands me connaissent et n’hésitent pas à m’accorder des bonus », explique Salha. La préparation de la salade lui rapporte 4 dinars pour chaque commande. D’autant que sa salade est préparée dans le braséro et non pas au four ou bouillie comme le font beaucoup d’autres.
Zohra a choisi une autre spécialité. Elle prépare chez elle de l’harissa et du piment moulu. Les commandes lui parviennent par téléphone ou directement à son domicile. A vrai dire, elle est une habituée du commerce de Ramadan. C’est ainsi qu’elle a commencé avant d’étaler ce métier sur toute l’année. En effet, elle a eu l’idée de vendre ces denrées il y a 5 ans quand ses enfants étaient plus jeunes et qu’elle devait leur acheter les vêtements de l’Aïd. A cette époque, son mari venait d’avoir un problème de santé et s’est retrouvé à la maison sans travail. Grâce à l’harissa et au piment moulu, elle n’a pas privé ses enfants de la joie de la fête. Depuis, son mari a remonté la pente mais cela ne l’a pas empêchée de continuer à travailler pour l’aider et pour mettre un peu d’argent de côté. Dans son quartier à El Omrane Supérieur, toutes ses voisines passent leurs commandes auprès d’elle. A la veille de Ramadan, ses clientes sont plus nombreuses et exigent de l’harissa fraîche. C’est pourquoi, elle se prend à l’avance pour satisfaire leurs demandes.
Saloua quant à elle, c’est la pâtisserie qui l’a changée. Elle s’est spécialisée depuis quelques années dans la préparation des gâteaux traditionnels. Elle a commencé par gâter sa famille. Ensuite, le travail l’a passionné et lui a surtout rapporté. Elle est d’ailleurs sur le point de changer sa voiture. Saloua reçoit les commandes à longueur d’année mais l’été et Ramadan restent les deux saisons de pic. Dès la veille du mois saint, elle s’enferme dans sa cuisine pour préparer du makroudh, de la ghraïba et tant d’autres biscuits traditionnels et modernes. Certaines clientes en achètent pour les soirées ramadanesques et d’autres en demandent pour la fête de l’Aïd.
La baraka de ce mois revient tel un leitmotiv dans les propos de ces habitués des petits métiers. Des fois, ce commerce rapporte le strict nécessaire à même de subvenir à des besoins immédiats. Et d’autres fois, la petite spécialité finit grande et assure petit à petit un revenu respectable. Mais dans tous les cas de figure, la plupart y trouvent un plaisir immense qui explique la récidive.
Maryem KadA
Mardi 18 September 2007 le quotidien |
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