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Patrimoine vivant |
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Le mois de Ramadan est la période de l’année la plus propice à la
consommation du produit patrimonial sous ses formes les plus diverses
et avec une grande gloutonnerie.
De la gastronomie à la musique liturgique, des tenues vestimentaires aux espaces de loisirs, partout, tout le temps, le patrimoine est à l’ordre du jour. La table, bien sûr, qui, invariablement, retrouve ses lettres de noblesse traditionnelles et cela va de la résurrection des variétés de pain qui ressurgissent comme par enchantement d’un passé déjà lointain aux préparations culinaires délaissées le restant de l’année. Les loisirs, aussi, qui retrouvent, l’espace de ces quatre semaines, leurs accents d’antan après s’être, le restant de l’année, évaporés faute de disponibilité en temps et… en espaces. A la faveur du festival de la Médina, désormais institutionnalisé après avoir essaimé jusque dans les plus petites localités du pays, on redécouvre le produit culturel ancestral qui va de la musique sacrée aux spectacles de rue. La plupart de ces événements se déroulent dans les vieux quartiers de nos villes, ceux-là mêmes qui ont été le cadre dans lequel s’exprimaient depuis des générations les diverses formes d’expression culturelle et de loisir. Du coup, Ramadan devient synonyme de renaissance pour un certain nombre de monuments et de locaux qui retrouvent, à cette occasion, une vocation renouvelée de centres d’attraction et de foyers de rayonnement. Une reconquête graduelle, patiente, de ces espaces nous a valu aujourd’hui la réhabilitation d’un nombre non négligeable de locaux que l’on croyait irrémédiablement voués à la dégradation et à la disparition. Leur sauvetage n’est pourtant pas synonyme de jouissance par le public du plaisir de la redécouverte de ces espaces. Pour les «maintenir en vie», les autorités de tutelle ont dû les recycler dans de nouvelles fonctions qui, souvent, les extraient à la curiosité de ce public (administrations, ateliers, centres de formation ou autres)… Le mois de Ramadan vient, heureusement, les entrouvrir aux visiteurs du soir pour qu’ils en redécouvrent la beauté et le charme, grâce aux manifestations qui s’y déroulent (spectacles, conférences, causeries, expositions, etc.), mais aussi dans le cadre de circuits de visites comme celles organisées pour la cinquième année consécutive par le Club des Vadrouilleurs ou par l’historienne Jamila Binous au départ du restaurant Dar El Jeld, à Tunis. La nouveauté, ces toutes dernières années, est la percée dans les médinas d’espaces privés à caractère culturel ou touristique qui proposent, eux aussi, des manifestations nocturnes qui viennent enrichir les programmes d’animation ramadanesque. Ainsi en est-il de Beït El Bennani (boulevard Bab Benat, à Tunis), ouvert tous les soirs pour gens de l’esprit et qui, chaque année depuis trois ans, propose un certain nombre de rencontres à thèmes; ainsi en est-il de la zaouia Sidi El Bahi (rue Zaouia Bokria, du côté de Halfaouine) ou encore de Dar El Bahi (rue Dar El Jeld) où, l’an dernier, des causeries ont été organisées par Expéditions, un opérateur du secteur touristique patrimonial. Le démarrage de l’animation ramadanesque nocturne s’effectuant traditionnellement en douceur, au troisième jour de ce mois de l’Hégire la plupart des programmes n’étaient pas disponibles. Nous espérons en rendre au moins partiellement compte à notre prochain rendez-vous.
Le Vadrouilleur Lundi 17 Septembre 2007 La Presse |
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