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Les jeunes et l’Aïd El Fitr : La «mahba» l’emporte sur les visites familiales
L’ambiance de l’Aïd-el-fitr se fait d’ores et déjà sentir. Les
boutiques du prêt-à-porter et les pâtisseries spécialisées dans les
gâteaux traditionnels en témoignent. Ramadan tire à sa fin et les
Tunisiens dont les jeunes se préparent pour l’événement.
Qu’inspire justement l’Aïd-el-fitr aux jeunes ?
Tunis — Le Quotidien L’Aïd est une fête religieuse et islamique. Une fête marquée par des visites familiales, par des prières et par nombre de pratiques liées à ces circonstances spécifiques. Les jeunes sont censés aimer l’ambiance festive. Certains attendent impatiemment le jour de l’aïd dans la mesure où cela va leur permettre de porter du neuf, d’avoir la “mahba“ et de bien profiter des délices sucrés offerts pour l’occasion. Chez certaines familles, l’Aïd est célébré de manière spéciale selon les us et les coutumes de la famille. Les jeunes sont, dans ce cas redevables de respecter les traditions en question, de se plier à l’ordre des parents pour préserver les habitudes, l’identité et l’entité de la famille. Certains le font de bon cœur, d’autres y adhèrent à contre cœur. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui rechignent à être de la partie. Haythem, 19 ans élève, se rend avec ses parents et ses frères et sœurs à sa ville natale pour rendre visite à ses grands parents. La famille de Haythem a pris l’habitude de se réunir ensemble tous les Aïd dans la “grande maison“. «La première chose qu’évoque en moi l’Aïd, est la réunion familiale. Il faut dire qu’il se fait vraiment rare qu’on puisse se réunir tous ensemble. Or, pour la fête, mes parents, mes oncles et mes tantes s’assemblent sans faute. C’est une occasion pour qu’on se voie et pour qu’on se connaîsse mieux. Si l’Aïd tombe un week-end, nous y restons. Si l’Aïd a lieu au cours de la semaine, nous rentrons le lendemain. Cela dit, seuls les plus petits ont le droit d’avoir la mahba et des habits tout neufs. J’aime préserver cette tradition parce qu’elle me permet de garder par conséquent mon identité et mes origines», dit-il Houssem, 20 ans, élève, n’aime pas du tout participer aux visites familiales de l’Aïd. Le jeune homme trouve cette tradition lassante et ennuyeuse. Il préfère profiter de ces vacances de l’Aïd pour sortir avec les amis, se divertir et surtout se reposer. «Pourquoi l’Aïd ? C’est d’abord pour se reposer après tout un mois de jeûne et de manque de sommeil. Si nous avons droit à quelques jours de vacances, c’est avant tout pour pouvoir se reposer et récupérer la carence en matière de sommeil après le jeûne. Je sais par ailleurs, que notre religion implique que l’on préserve les liens familiaux. Le premier jour de l’Aïd, je vais avec toute ma famille rendre visite à nos proches. Mes parents trouvent ces visites sacrées et je ne peux pas refuser d’y participer parce qu’ils m’en voudraient à mort si jamais je refuse d’aller avec eux. J’y vais donc à contrecœur surtout que je vois la majorité des membres de ma famille durant les soirées ramadanesques. Je ne trouve pas ou réside l’utilité de ces visites et je préfère me reposer, sortir avec les amis et changer d’air pour être bien en forme pour la reprise des cours. L’Aïd m’inspire le stress parce que je dois me lever tôt, supporter les interminables questions que l’on me pose lors des visites et surtout porter des habits neufs et ressembler à un garçon modèle pour que mes parents soient fiers de moi devant leurs proches, or j’ai l’air d’un petit fils à papa et cela me révolte…», dit-il Mohamed Saleh, 17 ans, se rend avec sa petite famille chez son grand père pour passer le premier jour de l’Aïd. «Franchement ces multiples visites dont on est redevable chaque Aïd, ne sont pas du tout mon dada. Lorsque je me rends chez mon grand père, j’y trouve des cousins qui ont un âge proche du mien, on peut donc trouver des sujets communs pour parler ensemble. Mes cousins, mes frères et moi prenons la voiture et allons faire un tour. Chacun de nous dépense la somme qu’il a glanée à travers la “mahba“ et s’éclate. Dés lors, je peux dire que l’Aïd est imprégné d’une ambiance festive et puis cela me permet d’avoir des habits tout neufs», dit-il Ali, 17 ans, achète aussi des habits neufs pour l’Aïd, arrive à avoir une bonne somme d’argent en tant que “mahba“…Jusque là, l’Aïd ne peut que le servir, mais ce dont il a horreur, ce sont les visites des proches. «Après un mois de jeûne, j’aime me reposer et surtout dormir. Or, les visites commencent très tôt. La sonnette de la porte commence à tinter dès huit heures du matin et je suis obligé d’être sur place pour recevoir les visiteurs. Franchement, c’est barbant, et puis tout le monde pose la même question et je suis obligé de répondre à chacun. A la longue je me retrouve en train de répéter les mêmes phrases durant toute la journée. Je ne veux rendre visite qu’à mes grands parents, parce que je me sens à l’aise chez eux, ensuite je veux sortir avec les copains. Cela ne veut pas dire que je n’aime pas voir ma famille, mais je ne veux pas être obligé de le faire pour l’Aïd», dit-il
Abir CHEMLI - Le Quotidien |
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