Fini Ramadan, les veillées, l’absentéisme et le rythme ralenti lié au
mois du jeûne. A présent, les élèves doivent mettre le paquet pour
récupérer le temps perdu et parvenir à sauver ce premier trimestre
d’autant plus qu’ils passeront des devoirs de contrôle dans les jours à
venir. Les jeunes sont-ils justement prêts pour la reprise ?
Comment ont-ils vécu ce début d’année scolaire ? Et ont-ils dressé un programme pour remettre les pendules à l’heure ?
Tunis - Le Quotidien
Il semble que la majeure partie des élèves n’a pas donné un plein
rendement ces derniers temps. Le jeûne et les veillées tardives
amoindrissent leurs capacités et leurs facultés. Les uns arrivent tant
bien que mal à se concentrer en classe mais sont incapables de réviser
après les cours. Les autres, se lèvent tard, font l’école buissonnière
et s’appliquent le soir pour être à jour. Et entre les uns et les
autres, il semble que bon nombre de jeunes n’arrivent pas à carburer.
Avant la rupture du jeûne, ils sont somnolents. La soirée est consacrée
aux veillées ramadanesques dont ils raffolent. Quant aux études, ils
sont demeurées en instance l’espace d’un mois. Maintenant, et après
avoir porté du neuf, mangé des gâteaux et dépensé leur «mahba», les
jeunes gens n’ont plus aucune excuse et ils sont redevables de mettre
le paquet. Dans les jours à venir, ils passeront les examens de
contrôle. Sont-ils prêts ?
Hanène, 19 ans, élève en 5ème année secondaire, est de ceux qui
ont plutôt laissé traîner les choses. La jeune fille considère cette
reprise comme celle de la vraie rentrée scolaire. «Je reconnais que
durant le mois de Ramadan, je n’ai presque rien fait. J’avais du mal à
démarrer. Je n’ai pas révisé un seul mot depuis un mois. D’ailleurs,
c’est à peine si j’arrive à me concentrer en cours. J’ai l’impression
que le sommeil me gagne et je faisais d’énormes efforts pour rester
éveillée. Cela dit, je suis consciente du retard que j’ai enregistré et
je sais que les cours s’accumulent et que c’est le moment où jamais
pour que je me rattrape. J’ai déjà dressé un programme de rattrapage et
je vais redoubler d’efforts pour être à jour avant les examens de
contrôle. Heureusement que le mois de Ramadan n’a pas eu lieu lors de
l’examen, si je me consacre entièrement à mes études, j’ai encore une
chance pour me racheter», dit-elle.
Rania, 19 ans, également élève en 5ème année secondaire, n’a pas
donné le meilleur d’elle-même non plus tout au long de la dernière
période. La jeune fille ne panique pas cependant. Elle est sûre que si
elle mettait le paquet, elle parviendrait à se rattraper sans
problèmes. «Je suis capable de tout oublier et de me consacrer
entièrement à mes études. Je ne connais pas de demi-mesure. Je n’aime
pas bâcler. Et si je n’ai pas pu étudier jusque-là, c’est justement
parce que j’avais la tête ailleurs. Et si je ne me concentre pas
vraiment, mes efforts seront sans aucune utilité. Aujourd’hui, je
retrouve toutes mes forces et je vais pouvoir me concentrer de nouveau
et récupérer le temps perdu. Les choses sérieuses commencent maintenant
pour moi. C’est comme si la rentrée scolaire a eu lieu après l’Aïd.
Franchement, Ramadan et les études ne font pas du tout bon ménage. Le
matin, je n’arrête pas de bailler et le soir après avoir mangé, je ne
pense qu’à sortir ou à regarder la télé», confie-t-elle.
Nabil Ghanemi, 18 ans élève en deuxième, n’a pas été au meilleur
de sa forme non plus durant Ramadan. Le jeune homme sait qu’il doit
redoubler d’efforts pour parvenir à se rattraper et il est prêt à
accomplir sa tâche. «C’est à partir de mercredi que le démarrage des
cours a eu lieu pour moi. Je suis fumeur. Le fait de s’abstenir de
fumer me rend inerte et cela amoindrit mes capacités de concentration.
Le soir, il y a toujours un programme de loisir à suivre. Résultat, je
n’ai pas réussi à concilier entre mes études et l’ambiance
ramadanesque. Maintenant, je crois qu’après trois mois de vacances
d’été et un mois de “farnienté“, je suis redevable de faire mes preuves
et d’oublier par moment tout ce qui peut me déconcentrer. Durant les
deux premières semaines de Ramadan, j’arrivais à me concentrer, parce
que je ne veillais pas jusqu’à une heure tardive. Mais durant la
deuxième quinzaine, j’arrivais à peine à ouvrir l’œil en classe
tellement je manquais de sommeil. Je pense avoir eu ma dose d’indolence
et de paresse. Il faut que je me concentre sur mes études d’autant plus
que dans les jours qui viennent nous passerons des devoirs de
contrôle», dit-il.
Chihabeddine, 20 ans élève en terminale, a fait preuve d’une
grande paresse durant ce dernier mois. Ce retard le ronge, mais le
jeune homme pense qu’il n’y a pas le feu et qu’il peut arriver à
récupérer le terrain perdu . «Rien ne presse, c’est vrai que dans
quelques temps je dois passer des devoirs, mais nous ne sommes qu’au
premier trimestre et j’ai encore du temps pour réussir cette année. Il
n’y a pas de quoi paniquer. Je me contenterais de bien me concentrer
sur les matières de base. Et puis, j’ai toujours l’habitude de préparer
les examens quelques jours à l’avance et je m’en sors. J’ai encore deux
trimestres d’études à passer et je ne vais pas me priver de tout pour
réussir cet examen de contrôle. Nous n’en sommes qu’au début de l’année
et je ne suis pas prêt à “souffrir“ dès maintenant», avoue-t-il.
Abir CHEMLI - 26/10/06 - Le Quotidien |