|
«Les contes d’El Aroui» : Comme au bon vieux temps ! La série «Les contes d’El Aroui», présentée sur TV7 dans le cadre de la grille ramadanesque aurait pu créer l’événement si elle a été diffusée au début de la soirée.
L’ancienne génération se souvient certainement de la série «H’kayet El Aroui», de ces contes qui ont été racontés par une figure de proue de la vie culturelle tunisienne à cette époque, Feu Abdelaziz El Aroui. Des contes qui servaient de leçons pour éveiller et éduquer la conscience collective après des années de souffrance et d’obscurité sous l’occupation française. A cette époque, la société tunisienne avait besoin des leaders d’opinion pour avancer et surpasser les retombées néfastes de la colonisation. Et Abdelaziz El Aroui était justement de ces voix si familières qui s’étaient consacrées à la sensibilisation de différentes catégories de la société. Journaliste de son état, El Aroui a opté pour la plume pour remédier aux maux de la société et corriger ses vices. Il a réussi à communiquer avec le peuple sans tomber dans le factice et la facilité. Ses contes arrivent à toucher au plus profond de l’âme tout simplement parce qu’ils étaient accessibles du point de vue linguistique et livrent des messages clairs. Chaque histoire est une leçon sociale et chaque comédien avait son homologue dans la société. Cette expérience réussie a inspiré les programmateurs de la télévision tunisienne qui ont choisi de la rééditer durant ce mois de Ramadan. De nouveaux épisodes ont été ainsi écrits par Habib Jemni et une armada de stars a marqué sa présence dans la nouvelle version de cette série qui est restée fidèle à la version originale. Signé par Kamel Mouelhi, le dialogue a puisé dans le parler tunisien pour ne pas fausser et dénaturer l’âme de ces contes populaires. Sur ce plan, «Les contes d’El Aroui» ont réussi, même si l’horaire de la diffusion est mal choisi puisqu’il est décalé un peu dans la soirée ! Quinze épisodes ont été tournés et seulement quatre ont été diffusés durant Ramadan. La diffusion des épisodes restants est prévue pour l’après Ramadan. «Al michhah» (L’avare), «Dammaat al madhloum» (Les larmes du pauvre), «Elli lik lik» (Ce qui est à toi est à toi) et «Sondouk ellouiz» (Le coffre aux émeraudes) ont ponctué les samedis soirs des téléspectateurs qui ont choisi la chaîne T7. Coté qualité artistique, cette série a été aussi un succès grâce à la bonne prestation d’une pléiade de comédiens dont on cite : Lamine Nehdi, Ali Bannour, Abdelmajid Lakhal, Jamil Joudi, Moncef Souissi, Ali Khémiri, Dalenda Abdou, Dorra Zarrouk, Saloua Mohamed, etc... Ces comédiens de talent ont donné à ces histoires un autre souffle, surtout après le relookage du décor, devenu plus agréable et l’ajout des effets sonores. Le réalisateur de cette série a tiré profit des nouvelles technologies pour donner un nouveau rythme à ces contes populaires. On a vu ainsi des histoires alliant la fiction à la réalité et des comédiens qui se sont glissés à merveille et avec un grand professionnalisme dans la peau de ces héros qui ont vu le jour sur les feuilles blanches de Habib Jouini. Aux côtés de ces têtes d’affiches du théâtre, de la télévision et du cinéma tunisiens, les téléspectateurs ont découvert la voix authentique de l’artiste tunisien Zied Gharsa qui a adhéré à ce projet en chantant un texte poétique signé par Ali Ouertani. Inspiré de ces histoires d’El Aroui et des précédents succès populaires de cette série, notre chanteur a laissé sa voix rapporter des brins de nostalgie. Bien fignolés, ces épisodes méritent d’être rediffusés dans la nouvelle grille avant qu’on n’enchaîne avec les nouveaux épisodes ! |